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Invitation à la philosophie des sciences

par Bruno Jarrosson

Édition du Seuil, collection « Point », 1992, 2000

La science est vraie. Elle est fondée sur les faits et avance de façon cumulative… Toute analyse, même superficielle, de l’histoire des sciences suffit à mettre à mal cette vision simpliste et pourtant fort répandue. La science, pas plus que toute autre forme de connaissance, ne saurait se prévaloir d’une indiscutable légitimité. Le statut de la vérité scientifique, la valeur des faits expérimentaux et les modalités du progrès des sciences ont fait et font toujours l’objet d’ardents débats en épistémologie.

De David Hume à Karl Popper et de Thomas Kuhn à Paul Feyerabend, ce petit livre présente, avec simplicité et clarté, les principaux thèmes de la philosophie des sciences.

L’histoire des sciences n’est pas achevée. Les échafaudages encerclent encore le bâtiment, l’édifice manque d’harmonie, reflet des personnalités des nombreux architectes qui sont intervenus à différents stades.

La science n’est pas enseignée dans sa perspective historique. On la présente comme un ensemble cohérent qui surgit, massif et incontestable, de l’univers des certitudes. La science, nous apprend-on, explique la réalité à partir d’une description vraie et de lois scientifiques absolues. Elle fonde sur la conformité des ces lois avec les faits sa prétention d’être un savoir supérieur à tous les autres.

Soit.

Cette façon d’enseigner la science offre bien des avantages pédagogiques. Elle présente aussi l’inconvénient de ne pas restituer le sens des concepts enseignés. Le sens est lié à une histoire. La loi de la gravitation, par exemple, est présentée comme une loi intrinsèque à la réalité de la nature. Ce n’est pourtant pas l’interprétation que lui donnait Newton qui d’ailleurs ne cherchait pas à énoncer une loi intrinsèque à la nature. Ce n’est pas ainsi que le problème se présentait à lui. On enseigne en fait la conception qu’une certaine époque eut de cette loi. L’élève ne trébuche pas toujours par sa faute ; à force de lui cacher la genèse de ce qu’on lui apprend, la science scolaire s’enrobe d’un mystère qui accroît la difficulté. Un enseignement détaché de son histoire ne restitue pas le questionnement, si important pour le développement et la compréhension de la science.

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